Québec en hardtail = hardcore!

J'avais envie de faire un petit partage sur mon escapade en solo dans les magnifiques terrains de jeux autour de Québec. La première étape était Vallée Bras du Nord avec des conditions parfaites. 
Je suis parti avec deux vélos car je n'étais pas certain de pouvoir faire les trails qui m'intéressaient en HT. Finalement, étant donné que je m'attendais à faire beaucoup de grimpe et de longues sorties, j'ai choisi de donner priorité à la légèreté et j'avoue que je me sens totalement en confiance sur le Banshee Paradox.  Je n'avais pas tellement envie d'apprivoiser un nouveau vélo sur des sentiers inconnus difficiles. Alors mon autre démo (Banshee Prime) est finalement resté caché dans la voiture!
J'ai tout de suite mis le cap sur la fameuse Légende que je n'avais pas pu faire l'an passé: Une bonne grimpe avec quelques sections plus corsées franchies sans erreur m'a donné confiance de prendre la fourche Expert (double noir). Les vidéos que j'avais vues me donnaient l'impression que c'était vraiment pas si pire... Erreur!!
Je me suis retrouvé en haut d'un mur et ne pouvait même pas voir de quoi le bas avait l'air... OOOK! Je débarque et descend péniblement sur le bord du rocher en trouvant un peu de grip sur les racines. Ensuite un roller vraiment abrupte qui fini sur un petit bout de pont qu'on ne peut même pas voir d'en haut... Bon, on y va pour le chicken pass... Puis j'arrive à la fameuse drop qui donne l'impression de sauter du toit d'un cabanon... Calv...!! Merci encore pour le chicken pass... Petite leçon d'humilité.
Je débouche au bord de la chute et il y a plein de riders arrêtés qui regardent ça et discutent, le doute et la peur bien visibles dans leurs yeux. J'analyse, j'hésite, hésite encore car c'est vraiment intimidant! Il faut descendre un gros rocher poli qui fait une pointe de triangle vers un petit bout de pont. À droite c'est la chute et à gauche il y a une cassure très haute. Bref, il faut choisir entre la noyade ou les fractures multiples (jambe, bras, cou etc!)... On a vraiment pas droit à l'erreur ici... La ligne a quand même l'air clean, alors je lâche finalement les freins... Facile!!! (Mais j'ai tremblé pendant au moins 15 minutes après!) 
Mon égo était quand même passé en mode SuperBoost, on s'entend que j'étais la seule tête grise et sur un HT en plus: "Tiens les jeunes, c'est de même qu'on fait ça!!"
J'ai enchainé avec Chute à Gilles, Cratère, Grande Ourse et Neilson Sud (Où j'ai d'ailleurs pris une bêche stupide car ma réserve d'adrénaline avait été brûlée dans la Légende et j'ai manqué de vigilance!)
Est-ce que j'ai regretté de ne pas avoir pris mon double? Non. Est-ce que je le referais en HT? Probablement pas car ça brasse en sale, un 3.5 heures non stop dans des trails old school sur un HT!!
J'adore le secteur Shanahan et j'ai bien hâte d'aller explorer les dernières nouveautés.
Après une nuit horrible dans un petit chalet merdique trouvé à la dernière minute sur AirBNB, je me rends à Sentiers du Moulin pour explorer le secteur Maelstrom.
L’arrivée au stationnement me réservait une belle surprise ; je n’avais pas encore vu le nouveau chalet d’accueil. WOW ! Près de la moitié des voitures avaient des plaques de l’Ontario: Les gens viennent de très loin pour vivre l’expérience SDM, ça promet !
Je rencontre Simon Drouin qui se prépare à aller donner un coaching à Marie de Filles de Bois. On jase un peu, je demande conseil sur quels sentiers faire en fonction de mes préférences et je décolle…
Se rendre au départ est plus rapide que j’avais imaginé et le sentier d’ascension est très bien. Je m'oriente vers la Crête du Lynx alors j’ai encore un bon bout à monter et je me sens fatigué alors j’avoue que je suis plutôt inquiet de m’aventurer seul à un endroit où je vais peut-être me mettre un peu trop à risques. Il faut savoir que je me suis littéralement cassé le cou (fracture C7) en vélo en 2018 et me considère extrêmement chanceux de pouvoir faire encore tout ce que je veux, mais plus intelligemment !
J’ai vraiment aimé la Crête du Lynx qui exploite très bien le terrain et le panorama exceptionnel. Je me rends ensuite au départ de Slabs City et passe un bout de temps seul sur le gazebo à me demander si c’est une bonne idée après avoir lu le panneau d’avertissement ! Un patrouilleur arrive et je lui pose plusieurs questions, puis trois gars, puis un couple...
Ça me rassure, mais presque tout ce beau monde là est en gros enduro… électrique… Comment ça ?!!
 Ok let’s go !
C’est vraiment spécial comme sentier et ça se fait très bien en HT, mais il faut rester vigilant ; des courbes serrées off camber exposées, des fissures profondes dans le granit qui peuvent attraper la roue avant, de bons trous. Bref, il faut regarder loin et rester an contrôle de sa vitesse.
Après avoir fait un bout de grimpe dans la Klondike, et mettre fait dépasser par un paquet de gros bikes à batteries, j’ai compris pourquoi ils sont si populaires dans ce secteur! La Klondike est tout un défi et je suis vraiment fier de l’avoir grimpée sans mettre un pied à terre. Au retour j’ai refait la Crête du Lynx et pris la Maelstrom qui est du gros bonbon à descendre.
Il me reste tellement d’autres sentiers à découvrir à SDM, c’est fou ! Je n’en revenais juste pas de voir l’évolution de ce réseau et de constater que le calibre est rendu vraiment fort à Québec. Une double noir est maintenant l’équivalent d’une double à Squamish !
Est-ce que j’aurais fait tous les obstacles catégorie double noir si j'avais pris mon double suspension ? Probablement un ou deux de plus, mais bien honnêtement pas tous. 
J’ai accepté qu’il y a une limite à ce que je peux faire sur un vélo et que si je m’engage dans un sentier Expert, il y a de bonnes chances pour que je prenne le chicken pass de temps en temps… C’est bien correct. Je ne serai jamais le premier rendu en haut ou en bas non plus. Pour moi l’important c’est de continuer à m’améliorer, à m’amuser, à relever des défis, c’est aussi de prendre le temps d’arrêter pour contempler les beaux paysages, jaser avec les gens et surtout rester conscient que je suis vraiment privilégié de pouvoir encore faire tout ça. :-)
Ça fait plus de 30 ans que je roule en vélo de montagne et je n’ai jamais ressenti autant d’enthousiasme qu’aujourd’hui. Il faut reconnaître que ce sport a vraiment bien évolué, tant au niveau des vélos que des réseaux de sentiers. Merci!
 
 

Les p'tites vites techniques

Voici quelques petites chroniques couvrant certains éléments clés au niveau de l'équipement de mtb. L'idée ici, est simplement de partager ce que j'ai appris au fil des ans et expliquer ce qui fait du sens pour moi. (Les textes apparaissent du plus récent au plus vieux.)
  3. Ton bike te parle! (1ère partie)

Le monde du vélo de montagne est de plus en plus complexe et on peut argumenter longtemps sur toutes sortes de concepts et de théories sans trop savoir qui a raison… D’autant plus qu’il y a tellement d’utilisations et de modèles différents que tout le monde pourrait avoir raison selon le contexte. MAIS, il y a une information qui ne trompe pas : l’usure/état de votre vélo! 

C’est un feedback direct qui indique clairement ce qui devrait être révisé dans vos habitudes d’entretien, de set up et même de technique. 

Alors je vais vous présenter quelques éléments qui ne mentent pas :

Les freins (à disques) : 

 Normalement, vous ne devriez pas changer vos plaquettes arrière plus souvent que les plaquettes avant. Pourquoi? Parce que 80% de la puissance de freinage vient du devant, qui devrait s’user plus vite que l’arrière, comme pour une voiture. Si ce n’est pas le cas, il faut probablement réviser sa technique de freinage. (Désolé!)

 Des freins qui sont bruyants ont besoin de nettoyage car il y a eu contamination ou surchauffe. La contamination se fait graduellement avec l’usage alors il est normal d’avoir à nettoyer ses plaquettes et disques assez régulièrement. Si c’est seulement le frein arrière qui crie, c’est peut-être tout simplement à cause de la façon de laver le vélo… Il faut éviter d’arroser la cassette de côté car le jet d’eau peut facilement projeter des particules d’huile à chaine sur le disque. C’est mieux d’arroser la cassette sur le dessus et la faire tourner lentement. (Aussi vrai pour la chaine)

 Si les freins sont bien nettoyés et qu’ils se mettent à crier vers la fin de chaque grosse sortie, il y a plusieurs raisons possibles : - Un type de plaquette inapproprié (métallique versus organique) – Un disque trop petit (surchauffe) – Une mauvaise technique de freinage qui créé aussi de la surchauffe (Désolé!)

 La surchauffe régulière va aussi se manifester par le besoin de changer l’huile des freins (bleeder) plus souvent que la normale (Environ une fois par bonne saison ou moins pour certaines marques). Lorsque la manette devient spongieuse, s’enfonce au guidon et qu’il y a perte de puissance, il faut changer l’huile.

 Lorsque les plaquettes ne s’usent pas également de chaque côté, ça peut être un autre symptôme de surchauffe, d’une mauvaise installation de l’étrier ou d’un entretien négligeant. Soit que le disque n’est pas bien centré, ou un piston est coincé et a besoin de lubrification.

Voici une vidéo qui explique comment faire l'entretien de base : Entretien freins vtt


 Prochain texte : La transmission (drivetrain)

   
2. Le GUIDON :

Ça semble simple, mais il y a plusieurs paramètres à considérer... Le matériel (carbon ou alu), la largeur, le diamètre à la potence, l'élévation (rise) et l'angulation (back sweep). Et tout ça avec la bonne couleur bien sûr ;-)

Un guidon de carbon n'est pas nécessairement supérieur à alu, comme pour les cadres; un bon alu est mieux qu'un mauvais carbon! Ici c'est surtout une question de feeling, de budget et parfois de certaines particularités notables comme une construction anti-vibration.

Ils sont généralement vendus à une longueur de 800mm, mais il ne faut surtout pas avoir peur de le couper. Un guidon plus large favorise la bonne position de base (coudes fléchis pointant vers l'extérieur), mais il faut aussi respecter le physionomie du rider. C'est la largeur des épaules qui détermine essentiellement la largeur optimale du guidon... Trop large amène un transfert de poids exagéré vers le devant et créé un affaiblissement car les groupes musculaires les plus forts pour tirer et pousser ne seront plus autant sollicités qu'avec la bonne largeur.

Le diamètre est plutôt une question de standard qui change constamment... Supposément qu'un le nouveau 35mm ça permet d'avoir un guidon plus rigide et plus léger. Juste ne pas oublier de vérifier si il est compatible avec votre potence.

Un rise plus élevé (35mm) favorise une position plus redressée, donc le meilleur choix pour un vélo axé descente. Il permet aussi d'aller chercher la bonne hauteur sans avoir à mettre plein de spacers sous la potence. Lorsqu'on monte la potence, on se trouve à reculer le guidon car ça suit l'angle de direction. Par exemple, sur mon nouveau cadre, je dois prendre un guidon rise 35 et aucun spacers car le reach est un peu court et je veux recréer ma bonne hauteur sans me sentir coincé.

Le back sweep est un détail important pour l'ergonomie. Si votre positionnement sur le vélo est optimisé et vous n'arrivez pas à être confortable au niveau des bras/mains, il y a de fortes chances pour que le back sweep de ce guidon n'est pas adéquat. Après plusieurs essais, c'est maintenant clair pour moi que ça prend un 8 degrés.

Et comme si ce n'était pas déjà assez compliqué, il faut aussi lui donner le bon angle lorsqu'on l'installe car la rotation vers l'avant ou l'arrière affecte significativement l'ergonomie. Normalement il y a des inscriptions qui montre la plage de rotation possible, mais elle est quand même vaste.

Il faut prendre le temps de faire des ajustements pour trouver le sweet spot. Un guidon parfaitement positionné fait une grande différence!

Voici deux vidéos qui expliquent bien comment choisir son guidon: 

https://www.youtube.com/watch?v=HSD7AkY4Ycc

https://www.youtube.com/watch?v=xMXlKED32uo


  1. Attention les boys!!

J'ai vu un vélo qui m'a donné envie d'écrire quelque chose parce que je suis convaincu que le gars va éventuellement avoir des problèmes de santé s'il roule beaucoup. Je ne peux pas m'empêcher de porter attention aux vélos que je vois, au positionnement des gens et à toutes sortes de détails... Il y en a un que je remarque souvent parce que très important et trop souvent pas correct: l'angle de la selle. Pourquoi c'est important, surtout pour les hommes? Parce que lorsque le nez de la selle pointe vers le haut (angle positif), ça créé une pression au niveau de la prostate qui mène souvent à des difficultés érectiles (Très fréquente chez ceux qui font beaucoup de route apparemment!), sang dans l'urine et inflammation de la prostate. Est-ce que ça peut aussi occasionner des problèmes aux filles? J'imagine que oui, mais je ne sais pas vraiment... Indirectement, c'est certain qu'il y a quand même un impact pour les conjointes ;-)

Alors qu'est-ce qu'on fait avec ça? Premièrement, ne pas prendre un vélo de DH comme référence pour dire que c'est correct d'avoir une selle qui pointe vers le haut car c'est une utilisation complètement différente. Maintenant placer votre vélo sur une surface plane dont vous avez vérifié le niveau, trouver quelque chose de droit à déposer sur la selle et mettez un niveau dessus pour voir qu'est-ce que ça dit...

Idéalement, il faut avoir -1 à -3 degrés, selon la forme de la selle. Alors la bulle doit être un peu décentrée vers l'arrière du vélo (voir photo)Si ce n'est pas le cas, il faut ajuster en relâchant la vis arrière avant de serrer celle du devant.

Attention de ne pas exagérer pour avoir l'impression de glisser vers l'avant non plus.

En prime, quand vient le temps de grimper quelque chose de très abrupte, vous aller pouvoir confortablement avancer sur le nez de la selle pour garder votre poids bien au centre. Ce qui permet d'avoir la roue avant collée au sol et ne pas perdre sa traction à l'arrière.

L'angle de la selle est un détail auquel peu de gens portent attention, mais d'une grande importance!